La folie hyrox ? Laissez-moi vous donner un vrai avis.
« La folie de l'Hyrox », c'est le genre de titre qu'on lit partout en ce moment. Ah, la belle histoire ! Une nouvelle « tendance sportive » qui « cartonne » et attire des milliers de participants, comme les 22 000 au Grand Palais à Paris. Un article de Demotivateur nous explique pourquoi avec un enthousiasme qui frôle la naïveté. Avant que tu ne sortes ta carte de crédit pour t'inscrire à la prochaine course en te disant que c'est pour toi, laisse-moi, ta coach préférée, te donner ma version des faits. Parce que, soyons honnêtes, la vérité est rarement aussi rose que sur un post Instagram.
« accessible à tous » ? Quelle blague.
L'article nous vend l'Hyrox comme une discipline « accessible et ouverte à tous », loin des « physiques affutés et imposants du Crossfit ». C'est mignon. Vraiment. Mais a-t-on lu la même description ? Huit kilomètres de course à pied, entrecoupés de huit ateliers de musculation. On parle de burpees, de rameur, de fentes lestées... Accessible ? Pour qui, exactement ? Pour le type qui passe ses dimanches à s'entraîner pour un triathlon ? Probablement. Pour toi qui hésites encore à prendre les escaliers au lieu de l'ascenseur ? J'ai comme un doute. 🙄
Soyons clairs : c'est un effort colossal qui demande une préparation de malade. Alors, l'idée que ce soit une gentille promenade de santé pour toute la famille, c'est un mensonge marketing. Arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles.
Se battre contre soi-même... c'est adorable.
Une des « raisons du succès » serait qu'en Hyrox, « on n’affronte pas les autres, on se bat contre soi-même ». C'est Émeric Choisy, un coach qui a déjà participé à 9 Hyrox (neuf !), qui le dit. « La seule chose que tu veux ensuite, c’est recommencer... et faire mieux ». C'est un beau sentiment, certes. C'est aussi un moyen très confortable d'éviter la défaite.
Affronter les autres, c'est risquer de perdre, de voir qu'on n'est pas le meilleur. Se battre contre « soi-même » ? C'est une compétition dont tu fixes les règles et où tu es le seul participant. C'est touchant, mais la vraie progression, le véritable dépassement de soi, vient souvent quand quelqu'un te met une bonne raclée et te force à te remettre en question. La compétition fait progresser, point final.
Communauté ou club de validation sociale ?
Et puis, il y a la « communauté soudée ». Joffrey Voisin, double champion du monde, nous dit qu'on « voit émerger de vraies communautés ». Je n'en doute pas. Les gens adorent se regrouper autour d'une passion commune, surtout quand elle est assez difficile pour donner un sentiment d'exclusivité. Mais est-ce une communauté axée sur la performance pure, ou un prétexte pour se retrouver, transpirer ensemble et collectionner les likes sur les photos de la ligne d'arrivée ? Si ton objectif principal est de « rencontrer des gens à l’international », peut-être qu'un programme d'échange universitaire serait moins cher et moins douloureux pour tes quadriceps.
Ah, et au fait, le titre de l'article original promettait « 3 raisons ». J'en ai compté deux à peine esquissées. On dirait que même le journalisme est devenu un sport où on ne cherche pas à se dépasser.
Ne te méprends pas. Je ne dis pas que l'Hyrox est une mauvaise chose. C'est une épreuve monstrueusement difficile qui mérite le respect. Mais arrêtons de la vendre comme le nouveau yoga ou une activité de team-building. C'est élitiste, c'est brutal, et ça demande un niveau de préparation que peu de gens ont le temps ou la volonté d'atteindre. Si tu décides de t'y frotter, génial. Enregistre bien ton programme dans l'onglet Programme de ton appli, et ne triche sur aucun set dans l'onglet Workout, car je te surveille. Mais fais-le pour les bonnes raisons. Pas parce que c'est la mode.
Alors, dis-moi : es-tu prêt à souffrir pour de vrai, ou tu préfères continuer à te raconter que tu te bats « contre toi-même » ? 🤔